Des bénévoles de la Croix-Rouge au Mali discutent de plans avec une travailleuse de la santé communautaire afin d’offrir des activités de promotion de la santé. Le travail des bénévoles fait une réelle différence, aidant les travailleurs de la santé à rejoindre davantage de ménages et à déterminer l’ordre de priorité des personnes qui ont besoin de soins.

Des bénévoles de la Croix-Rouge au Mali discutent de plans avec une travailleuse de la santé communautaire afin d’offrir des activités de promotion de la santé. Le travail des bénévoles fait une réelle différence, aidant les travailleurs de la santé à rejoindre davantage de ménages et à déterminer l’ordre de priorité des personnes qui ont besoin de soins. Photo : Croix-Rouge canadienne

 

Par Bernice Tiggelaar, agent de programme, Unité de santé internationale, Croix-Rouge canadienne

« Lorsque survient une catastrophe, il faut un certain temps avant que le système de santé se mette en branle, affirme Mary Thompson, conseillère en santé pour la Croix-Rouge canadienne (CRC). C’est lors des crises mondiales et des urgences que les bénévoles jouent un rôle important. »

Mary a présenté les résultats d’une étude faite pour la CRC sur la façon d’améliorer la formation des bénévoles de l’aide humanitaire à l’étranger lors du quatrième Symposium mondial de recherche sur les systèmes de santé qui s’est déroulé du 14 au 18 novembre 2016 à Vancouver.

Mary s’explique ainsi : « Ces bénévoles vivent dans les communautés. Ce sont les premiers répondants. Plus ils ont confiance en eux, plus ils seront efficaces. Dans certains contextes où nous travaillons, ils peuvent réellement faire la différence entre la vie et la mort. »

Elle note que pour pouvoir dépendre davantage de l’aide et des services offerts par les bénévoles, il faut les former pour bonifier leurs compétences. Ce besoin n’est pas comblé actuellement. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a récemment publié une étude mondiale sur ses bénévoles – le Mouvement de la Croix-Rouge possède plus de 17 millions de bénévoles à l’échelle mondiale – qui conclut que le potentiel de ces derniers à fournir des services dans leurs communautés les rendra indispensables à la réalisation de la plupart des Objectifs de développement durable. Les bénévoles et le volontariat sont particulièrement nécessaires dans les contextes fragiles, où l’accès aux services sociaux normaux n’est peut-être pas disponible, où les établissements de santé gouvernementaux n’existent peut-être pas ou sont à court de personnel ou de ressources.

La recherche de Mary se penche sur la formation des bénévoles de programmes de santé maternelle, néonatale et infantile dans cinq pays : le Mali, le Kenya, le Pakistan, Haïti et le Libéria. L’étude comprend un examen attentif des documents des programmes et la conception d’un outil de sondage détaillé destiné au personnel de la santé de la CRC sur le terrain. Cela a été suivi par deux entrevues en profondeur avec du personnel de terrain pour vérifier les données.

L’étude analyse les variations entre les pays pour ce qui est du ratio entre les bénévoles et les ménages, de ce que les formateurs font pendant leurs visites, de la formation et de la supervision des bénévoles et de la façon dont les projets peuvent apporter un soutien pour améliorer la promotion de la santé dans les communautés.

Jusqu’à maintenant, 2 488 bénévoles de la Croix-Rouge ont été formés par des partenariats de la CRC dans cinq pays. Le ratio entre les bénévoles et les ménages variait de 1:10 à 1:36 bénévole par ménage. Les résultats indiquent que plus le ratio est petit, plus la fréquence des visites dans les ménages augmente. Un examen intermédiaire d’un des pays a révélé que plus le contact de ces ménages avec la Croix-Rouge était récent, plus ils étaient susceptibles d’avoir accès à une source d’eau et des latrines améliorées et que les enfants de moins de 5 ans dans ces ménages sont plus susceptibles d’avoir dormi sous une moustiquaire pour lit.

L’analyse des données a également démontré que le ratio entre les superviseurs et les bénévoles variait entre 1:10 et 1:25. On estime qu’en moyenne, ceux qui supervisent 10 bénévoles ont la possibilité de rencontrer chacun d’eux tous les mois ou tous les deux mois (en raison de la distance, du transport et des contraintes de temps). Toutefois, ceux qui supervisent 25 bénévoles les rencontrent probablement tous les trois ou quatre mois. Le fait d’avoir moins de bénévoles à superviser signifie plus d’occasions d’observer les individus et de leur faire des commentaires, et augmente la probabilité que les bénévoles diffusent des messages de santé exacts à leurs communautés.

Mary a ajouté que les séances de formation pour de petits groupes sont souvent plus efficaces qu’une formation en grands groupes, car elles offrent aux bénévoles le temps d’intégrer leurs apprentissages et de se faire observer lors de l’application concrète de leurs compétences. En conclusion, elle souligne deux choses qui sont nécessaires au succès de la formation des bénévoles.

« La première est le contenu technique et la deuxième et l’enseignement de compétences dans la formation des bénévoles, car cela les aide à développer leur curiosité, leur écoute et leur capacité à considérer les gens à qui ils s’adressent comme des ressources. C’est très facile de dire à quelqu’un d’allaiter son enfant ou de se laver les mains, mais c’est beaucoup plus efficace de lui demander ce qui va bien, ce qui l’aide à trouver du temps pour allaiter son bébé et qu’est-ce qui fonctionne et pourquoi. Ou de prendre le temps de découvrir les obstacles auxquels ces personnes font face, notamment en leur demandant pourquoi elles n’allaitent pas, ce qui les en empêche et ce qu’elles ont essayé. »

Elle termine ainsi : « À mon avis, voilà ce qui contribuerait à l’efficacité des bénévoles. »

 

Note de la rédaction : Des exemplaires définitifs de l’étude de la Croix-Rouge seront accessibles au début du printemps 2017 via le CanSFE.

Bernice Tiggelaar est un agent de programme, Unité de santé internationale, Croix-Rouge canadienne